LeParisien92 revient sur les frais de justice à Asnières et ma réaction

Asnières : les frais de justice, une spécialité locale

>Île-de-France & Oise>Hauts-de-Seine>Asnières-sur-Seine|Victor Tassel|27 septembre 2017, 17h54|0
Asnières, le 27 juin. Le conseil municipal vote ce jeudi deux nouvelles protections fonctionnelles, pour la septième fois depuis 2014. LP/V. T

Le conseil municipal doit voter ce jeudi soir une nouvelle « protection fonctionnelle du maire ». Sous la gauche ou sous la droite, on parle là de centaines de milliers d’euros.

Les maires changent, les pratiques restent les mêmes. A Asnières, ce jeudi, deux nouvelles protections fonctionnelles, soit la prise en charge des frais d’avocats par les caisses municipales, seront votées par le conseil municipal. L’une pour le maire (LR) Manuel Aeschlimann, concernant la procédure de diffamation qui l’oppose à Sébastien Pietrasanta, ex-maire (PS), dans l’affaire du « film pornographique » tourné en mairie. L’autre pour sa femme et adjointe à l’éducation, Marie Do Aeschlimann, diffamée « à plusieurs reprises » ces derniers mois selon l’édile.

« Tout cela devient lassant, souffle Romain Jehanin, conseiller municipal d’opposition (PS). Nous assistons impuissants à la continuation de règlements de compte entre adversaires politiques. Le maire est figé dans la même attitude depuis quinze ans… » « La loi nous permet de le faire, se défend Manuel Aeschlimann. Ce serait un problème si c’était des affaires personnelles. Or, dans les deux cas, nous avons été attaqués en tant qu’élus. »

« Il faut sortir de cette judiciarisation de la vie politique. »

Sauf que la pratique n’a rien d’exceptionnel. Depuis l’élection de Manuel Aeschlimann en 2014, treize protections fonctionnelles ont été votées, dans sept conseils municipaux différents, à la fois pour le maire, mais aussi des adjoints et des membres du cabinet. « Ce n’est sans commune mesure avec ce qui a été fait sous l’ancienne majorité. Nous sommes très loin des sommes dépensées lors du précédent mandat », tacle Manuel Aeschlimann, précisant qu’il prend « la majeure partie des frais à [sa] charge ». « C’est totalement faux, rétorque Sébastien Pietrasanta. Nous n’avions voté qu’une ou deux protections fonctionnelles me concernant sous mon mandat. Que le maire sorte les factures ! »

Les sommes engagées donnent le tournis. Selon la mairie, de 2008 à 2013, presque 1 200 000 € ont été déboursés dans des frais de justice, soit environ 200 000 € par an. Depuis 2014, le total s’élève approximativement à 400 000 €, toujours selon la mairie. Des chiffres en trompe-l’œil, puisque les protections fonctionnelles sont noyées dans les autres frais de justice de la mairie.

« En 2015, le maire avait déclaré qu’il était temps de passer à autre chose, qu’il tienne parole, s’emporte Romain Jehanin. Il faut sortir de cette judiciarisation de la vie politique. Quel que soit le camp, ce n’est pas sur le dos des Asnièrois qu’il faut faire peser ces guéguerres. » La réponse de Manuel Aeschlimann est limpide. « Le meilleur moyen pour qu’il n’y ai plus de protection fonctionnelle, c’est de ne plus nous diffamer et nous attaquer, lance Manuel Aeschlimann, espiègle. Nous ne sommes pas élus pour nous faire salir. »

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Romain Jehanin
Conseiller municipal d'Asnières-sur-Seine / Conseiller territorial