Asnières, une rentrée scolaire qui fait regretter l’été

Après une rentrée politique marquée par un débat relayé par Le Parisien 92France 3 ou encore M6, autour des ouvertures de bouches incendie (dont il faut rappeler qu’elles sont dangereuses et répréhensibles), au cours duquel j’ai appelé M. Aeschlimann à réfléchir à la mise en œuvre, à côté des sanctions, de mesures efficaces pour endiguer sur le long terme ce phénomène, en s’inspirant par exemple de ce que font d’autres villes (mise en place d’écrans d’eau comme à Gennevilliers, ou de bagues anti-ouverture comme à Colombes), la rentrée scolaire s’est déroulée il y a maintenant quelques jours dans notre ville.

Une rentrée scolaire malheureusement synonyme, derrière le vernis de moins en moins éclatant d’une communication en trompe l’œil, de mauvaises nouvelles et d’interrogations légitimes pour les Asniérois.

  • Clap de fin pour la Régie de quartier et ses « agents points écoles »

La rentrée scolaire a en premier lieu été l’occasion pour les Asniérois-es de constater que les opérateurs de quartier de la Régie de quartier, également appelés « agents points écoles », qui permettaient à nos enfants de traverser la rue en toute sécurité devant les écoles asniéroises, dans le cadre d’un partenariat de la Régie avec la ville, avaient disparu.

Ces opérateurs, employés par la Régie dans le cadre d’un parcours d’insertion professionnelle, ont été remplacés par des vacataires précaires, recrutés directement par la mairie d’Asnières, et payés 10,74 €/heure.

Cette dernière a en effet informé la Régie de quartier, en plein été, que le marché public d’insertion « points écoles » conclu avec la ville, ne serait pas renouvelé (malgré un engagement oral contraire selon la Régie).

Après avoir déjà réduit le nombre de « points écoles » assurés par la Régie de quartier, la mairie a ainsi purement et simplement souhaité mettre un terme à son partenariat avec cette structure ayant notamment vocation à favoriser l’insertion professionnelle du public dont elle a à connaître, embauchant et/ou accompagnant plus de 70 demandeurs d’emploi chaque année.

Ceci afin de réaliser des économies, selon l’explication officielle délivrée par la majorité municipale.

Sauf que c’est sur le dos de la sécurité de nos enfants que ces économies risquent d’être réalisées, en substituant potentiellement un service « low-cost » à celui qui était assuré jusqu’alors par la Régie de quartier.

Plusieurs questions se posent ainsi :

  • Pourquoi vouloir remplacer des agents en parcours d’insertion par des vacataires précaires ?
  • Le même nombre de « points écoles » sera-t-il assuré ?
  • Les moyens dont disposeront les vacataires seront-ils les mêmes que ceux des « agents points écoles » (émetteurs radio …)?
  • Quid de l’encadrement et de la coordination de l’activité de ces vacataires ?
  • Quid de l’avenir de la Régie de quartier ? La mairie a-t-elle mis en place des mesures pour l’accompagner et lui permettre de surmonter la fin de ce partenariat vital pour elle ?

Aucun texte alternatif disponible.La Régie de quartier a très vite répondu à cette dernière question, annonçant, à grand regret, sa prochaine liquidation judiciaire, en raison de la fin de ce partenariat.

La décision de la ville entraînera ainsi selon elle la rupture des contrats de 45 employés, qui se retrouveront dès lors au chômage. Dont une vingtaine d’agents qui étaient encore en parcours d’insertion selon nos informations.

Rappelons que la Régie de quartier, installée Place le Vau, au cœur des Hauts d’Asnières, était un acteur local incontournable dans le domaine de l’insertion professionnelle, qui proposait également de nombreux services de proximité et activités solidaires (prestations de nettoyage et second œuvre avec les bailleurs sociaux, salon de coiffure solidaire, bricothèque, pôle multimédia), bénéficiant à nombre d’Asniérois-es.

Sa fermeture signifie d’ailleurs aussi la fin de ces activités et de ces services de proximité.

Elle constitue ainsi une véritable tragédie pour nos quartiers, et pour les activités solidaires ou d’insertion, que la décision de la municipalité va mettre à mal.

C’est à une bien triste fin que nous assistons donc en cette rentrée, la décision de la municipalité mettant un terme à 20 ans d’insertion professionnelle, d’accompagnement et de solidarité.

Les Asniérois-es ont d’ailleurs eu l’occasion de constater les premiers effets de cette volonté de la ville de ne pas renouveler son partenariat avec la Régie de quartier, plusieurs d’entre eux ayant déjà indiqué ne pas trouver d’agent pour faire traverser leurs enfants devant certaines écoles de la commune, ou constater des retards de ces derniers.

  • Une réduction des horaires et des activités des médiathèques asniéroises

La rentrée a également été l’occasion pour de nombreuses familles asniéroises de découvrir une réduction des horaires et des activités de nos médiathèques.

Depuis le 5 septembre, les Asniérois-es ne peuvent en effet plus s’y rendre le mercredi matin ou encore le jeudi soir (elles sont désormais fermées le jeudi toute la journée).

C’est ainsi l’accès à la culture pour les Asniérois-es qui est mis à mal par la municipalité, sans aucune justification.

  • Un étrange courrier aux familles endettées auprès de la restauration scolaire

La rentrée scolaire a également été l’occasion pour M. Aeschlimann de s’illustrer en adressant aux parents endettés auprès de la restauration scolaire un courrier les informant qu’il avait autorisé le prestataire de restauration scolaire Sogeres à engager des poursuites judiciaires en cas d’impayés, et les invitant à contacter en urgence un numéro de téléphone.

Or, il semblerait, selon certains parents ayant essayé de le joindre, que ce numéro est …. faux.

Une erreur qui illustre l’amateurisme de cette majorité, et risque d’inquiéter de nombreux parents ne sachant pas vers qui se retourner.

Au-delà de ce raté, la municipalité aurait pu préférer à cette méthode brutale, une gestion plus humaine et efficace pour limiter les impayés des parents d’élèves et faciliter le recouvrement des dettes, en adoptant, à titre de simple exemple, un système de relances graduées, et en s’inspirant surtout de ce qui peut être tenté ailleurs en la matière.

  • L’occasion de rappeler la nécessité de construire un vrai 5e collège pour la ville, à l’heure où la municipalité et le Conseil départemental sont encore flous sur l’avenir du collège Voltaire

La rentrée scolaire est enfin l’occasion pour moi de rappeler mon attachement à la création d’un vrai 5ème collège à Asnières, et mon opposition à toute fermeture du collège Voltaire.

En effet, alors qu’un nouveau collège est prévu avenue des Grésillons, il semble que le Conseil départemental ait pour projet d’en faire le nouveau 4ème collège de notre ville, en remplacement du 5ème collège qui serait alors fermé.

Un tel projet, s’il venait à se concrétiser, constituerait une atteinte grave au développement de notre ville, et aux conditions d’études de nos enfants.

Alors que les programmes immobiliers se multiplient dans notre ville, qu’Asnières compte de plus en plus d’habitants, chacun sait en effet que les effectifs scolaires de la commune devraient être amenés à augmenter ces prochaines années.

Alors que le collège Voltaire est déjà pratiquement saturé, un vrai 5ème collège (public) est donc plus que nécessaire dans notre ville.

Il est dès lors temps que M. Aeschlimann adopte une position claire et offensive sur la question, afin de garantir les conditions d’étude des jeunes Asniérois-es.

Pas plus que l’on ne fait d’économie au détriment de l’accès à la culture, on ne négocie pas avec l’accès des jeunes Asniérois-es à l’éducation.

Une pétition a d’ailleurs été lancée pour réclamer un vrai 5ème collège pour notre ville, et s’opposer à toute fermeture du collège Voltaire, que vous pouvez retrouver en cliquant sur ce lien.

Romain Jehanin
Conseiller municipal d'Asnières-sur-Seine / Conseiller territorial

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