Asnières, son maire et sa démocratie locale écornée

Chacun-e se souvient qu’Asnières a malheureusement défrayé la chronique lors du 1er mandat de Manuel Aeschlimann en raison de l’état délabré de la démocratie locale dans notre ville.19873877_10213061210387024_710884645_n

Ou lorsque l’élection de M. Aeschlimann en 2014 avait été annulée en raison des irrégularités constatées.

Aujourd’hui, les problèmes en matière de démocratie locale demeurent toujours malheureusement dans notre ville, sous une autre forme.

  • Une absence de communication de la municipalité quant à l’évolution de la ville

Alors que la majorité municipale a été élue sans programme précis, les élu-e-s de l’opposition comme les Asniérois-es n’ont toujours aucune visibilité à ce jour sur sa vision du développement de notre ville.

Ainsi, et malgré nos demandes répétées à maintes reprises en Conseil municipal, aucun plan pluriannuel d’investissement n’a été élaboré par la municipalité depuis 2014. Or, ce document permet justement en principe d’acter les investissements prévus pour la ville, leur financement, et le calendrier de leur réalisation.

  • Un manque flagrant de concertation des Asniérois-es

Après plus de trois ans de mandat, force est de constater que les quelques projets lancés par l’équipe municipale ne sont jamais précédés d’une information et d’une concertation sérieuses des Asniérois-es, malgré les demandes que nous formulons régulièrement avec mes collègues élu-e-s d’opposition.

Ainsi en est-il des projets immobiliers qui se multiplient partout dans notre ville, sans qu’aucune réflexion n’ait été menée sur les raisons et les objectifs de cette densification de notre ville, opérée dans une certaine opacité.

De nombreux riverains découvrent dès lors parfois qu’un projet immobilier est prévu juste à côté de chez eux, sans avoir eu la possibilité d’émettre le moindre avis en amont malgré les conséquences parfois importantes générées par de telles opérations sur leur qualité de vie, ou l’aspect de leur quartier.

Il en est de même des aménagements que la municipalité dit souhaiter réaliser places des Quatre routes et des Victoires, pour lesquels aucune concertation sérieuse n’a été menée à ce jour avec les Asniérois, les habitants du quartier, les commerçants et les utilisateurs des marchés des Quatre routes et des Victoires.

Aucune réunion publique d’information et de concertation n’a été organisée ni prévue en amont des projets avec les Asniérois-es, qui en sont réduits à découvrir ce que la municipalité annonce souhaiter mettre en place dans le magazine Asnières Infos.

  • Une information très parcellaire des élus d’oppositions, dont les demandes de précisions et de débats demeurent souvent lettre morte

Les élu-e-s d’opposition n’ont eux-mêmes pas beaucoup plus d’informations que les Asniérois-es, ne recevant que quelques informations générales en Conseil municipal, sans que ceux-ci ne soient jamais, malgré nos demandes, l’occasion d’un véritable échange sur la vision du développement de la ville au cours des prochaines années.

A de multiples reprises, nous avons demandé, avec mes collègues élu-e-s d’opposition, des informations complémentaires à la municipalité.

Je me rappelle avoir ainsi, à titre d’exemple, demandé en Conseil municipal une information et une concertation des élus de l’opposition avant le lancement de nouveaux projets urbains, ou encore des informations sur les raisons et les objectifs des modifications du Plan Local d’Urbanisme (nous venons de voter la 5ème).

Sur chacun de ces points, il m’était répondu courtoisement, caméra oblige, que je pourrai éventuellement recevoir les informations demandées plus tard. J’attends encore.

Une pratique d’apparence peut-être moins brutale que dans les années 2000, qui avaient vu notre ville défrayer la chronique pour l’ambiance délétère qui y régnait, mais encore plus efficace pour neutraliser l’opposition et la réduire au silence.

  • En parallèle, une communication municipale qui flirte avec la propagande

Dans le même temps, la communication municipale semble se réduire de plus en plus en un simple outil à la gloire du maire et de son équipe.

Le magazine municipal Asnières Infos s’enferme ainsi, à mesure que la municipalité s’enfonce dans une gestion dont les générations futures payeront le prix (par ex pour rattraper l’absence d’investissement dans de nouveaux équipements publics, pourtant nécessaires), dans l’image d’une ville idyllique dans laquelle Jupiter lui-même jalouserait l’immense travail de notre maire, qui, à force de répétition, tente de nous faire passer les petits travaux de rénovation auxquels se limite son ambition pour notre ville à de grandioses investissements.

Notre équipe municipale oublie malheureusement de préciser que les seuls qui, aujourd’hui, transforment notre ville, sont les promoteurs immobiliers qui se régalent de la facilité avec laquelle la majorité municipale leur vend le peu de foncier disponible.

  • Une communication municipale qui tourne a plein régime en période électorale

Récemment, les élections législatives ont été l’occasion pour l’équipe municipale d’illustrer une nouvelle fois les problèmes auxquels l’exercice de la démocratie locale continue à se heurter dans notre ville.18835934_368507260211769_1540680187906043493_n

Alors que Madame Aeschlimann, était candidate aux élections législatives de juin 2017, Monsieur Aeschlimann, dont elle est par ailleurs également l’adjointe, lançait une campagne d’ampleur, à grand renfort de panneaux d’affichage, sur le budget municipal voté en … mars 2017.

Impossible de rater ces panneaux, dont l’équipe municipale a veillé à ce qu’ils apparaissent aux quatre coins de notre ville, pour tenter de vanter grossièrement les supposés bienfaits de sa gestion (oubliant par exemple de préciser qu’aucun nouvel équipement public n’était prévu).

Cette communication quelque peu tardive pour une équipe pourtant si habituée à cet exercice, est pour autant totalement irrégulière en période électorale.

En effet, l’ar18767572_368507216878440_7084428463335385402_nticle L 51-2 du Code électoral dispose qu' »à compter du 1er jour du 6ème mois précédant le mois au cours duquel il doit être procédé à des élections générales, aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin« .

Cette année, notre maire a ainsi choisi de faire fi de cette règle pourtant essentielle dans notre démocratie, en menant une campagne d’affichage massive dans tous les quartiers de notre ville, alors que sa femme candidatait dans le mê18581988_10212602861448587_5332787774133715487_nme temps aux élections législatives.

Des pratiques susceptibles d’instaurer une rupture d’égalité inadmissible en période électorale entre les candidat-e-s qui se présentent devant les Asniérois-es.

Cette méconnaissance des règles applicables en période électorale avait d’ailleurs conduit les élus municipaux à rédiger un communiqué commun pour s’en émouvoir.

Elle témoigne toutefois malheureusement de la persistance de M. Aeschlimann à utiliser d’anciennes pratiques, et à se refuser à faire entrer Asnières dans le 21ème siècle du point de vue de la démocratie locale.

  • Une judiciarisation de la vie politique toujours d’actualité

En parallèle, les affaires opposant le maire à ses adversaires politiques perdurent, prenant parfois la forme de vrais règlements de compte entre les uns et les autres.

Alors qu’il serait enfin temps de passer à autre chose, M. Aeschlimann continue ainsi à faire supporter par les Asniérois-es ses frais d’avocats.

Dernier exemple en date : le Conseil municipal du 27 juin 2017, au cours duquel M. Aeschlimann s’est une nouvelle fois fait attribuer la protection fonctionnelle pour faire prendre en charge ses frais d’avocats par la ville.

Je m’étais d’ailleurs exprimé une fois de plus en Conseil municipal sur la question pour demander le retour du débat sur le terrain politique.

Petite précision, les élus de l’opposition ont découvert le texte de cette délibération en arrivant au Conseil municipal…

Après plus de 3 ans de mandat, force est ainsi de constater que M. Aeschlimann entretien toujours des rapports difficiles avec l’exercice de la démocratie locale.

Tout porte à croire qu’il faudra attendre 2020 pour lui permettre d’entrer dans une nouvelle ère.

Romain Jehanin
Conseiller municipal d'Asnières-sur-Seine / Conseiller territorial