Tour « Panorama » Avenue des Grésillons : Non, ni notre ville, ni la qualité de vie de ses habitants ne sont à vendre !

Non, ni notre ville, ni la qualité de vie de ses habitants ne sont à vendre !

Depuis quelques mois, les Asniérois, comme les élus d’opposition dont je suis, ont appris la construction d’une tour de 18 étages à l’angle de l’avenue des Grésillons et de la rue Armand Numès.

Ce nouveau projet immobilier de 226 logements, appelé « Panorama », et réalisé par le promoteur Ogic immobilier sur un terrain que lui a vendu la ville, suscite, non sans raison, la colère d’un certain nombre d’habitants et d’associations du quartier.

Un projet élaboré sans aucune transparence

La méthode tout d’abord interroge.

Pour commencer, mes collègues de l’opposition municipale et moi-même n’avons été informés que très tardivement et très partiellement de cette opération immobilière, dont la réalisation entraînera pourtant de nombreuses conséquences sur le quartier.

13495139_193848084346309_4118319526733273116_n15492456_290246781373105_3038617722645160953_nAinsi, alors que les appartements de cette future tour de 18 étages sont en vente depuis juin 2016, nous avons appris en novembre que l’instruction du permis de construire n’était pas encore terminée.

La ville laissait ainsi un promoteur communiquer largement sur ce projet, dès le mois de juin 2016, quand le permis de construire n’était pour sa part délivré que le 6 décembre 2016, comme en attestent ces photos.

Les habitants du quartier en ont ainsi été réduits à prendre connaissance bien tardivement du projet qu’on leur concoctait, et de ses conséquences sur le quartier.

Cette absence de concertation pose en soi un problème de méthode.

En effet, les habitants de notre ville ont le droit d’être informés en amont des projets qui les concernent au premier chef, et risquent d’impacter profondément leur vie quotidienne.

Cette absence de transparence de M. Aeschlimann quant à l’opération immobilière projetée interroge. Comment interpréter cette soudaine discrétion d’un maire pourtant si habitué à communiquer ?

L’étude du fond du projet pourrait permettre d’apporter quelques réponses à ces interrogations.

Une opération immobilière réalisée au détriment des Asniérois

La mairie a donc décidé de vendre un terrain de la ville pour laisser réaliser une opération immobilière de 226 logements, comptant 18 étages et un parking souterrain.

S’il est important d’accompagner l’évolution de chacun des quartiers de notre ville, une telle évolution ne doit pas négliger la qualité de vie des Asniérois, ni se limiter en une bétonisation incontrôlée et irréfléchie de notre ville.

En l’occurrence, ce projet immobilier soulève de nombreuses interrogations, et génère de nombreuses conséquences sur la qualité de vie des habitants du quartier Grésillons.

  • En premier lieu en raison de sa hauteur.

Avec environ 50 mètres de hauteur, cette tour devrait en effet être la plus haute du quartier.

On aurait pu attendre de la mairie qu’elle veille à la réalisation d’un projet à taille plus humaine sur ce terrain.

Sans compter qu’une tour de 18 étages ne manquera pas de transformer l’aspect d’un quartier où les immeubles atteignent plutôt en moyenne 6-7 étages côté Asnières, et 4-5 côté Gennevilliers, et de priver d’ensoleillement de nombreuses habitations environnantes.

  • En outre, construire un nombre si important de logements, et sur une telle hauteur, revient à accentuer la densification de ce quartier, avec l’arrivée de nombreux nouveaux habitants (que j’estime à au moins 500, soit un peu plus de 2 habitants par appartement).

Si la venue de nouveaux habitants doit toujours être vue comme une chance pour notre ville, il est important de prendre en considération les conséquences de l’arrivée de plusieurs centaines de nouveaux habitants en termes de besoins en équipements publics (écoles, terrains sportifs …), de circulation ou encore de stationnement.

Une réflexion aurait dû être menée sur la question, avant la conception de ce projet immobilier.

Ce d’autant plus lorsque l’on sait que la municipalité n’a toujours pas établi à ce jour, à mi-mandat, de plan pluriannuel d’investissement (document sensé permettre d’avoir une vision stratégique des investissements à réaliser au cours d’un mandat), et se désengage du combat à mener vis-à-vis du Conseil départemental pour obtenir un 5e collège public pour notre ville, et non un collège venant simplement en remplacement du collège Voltaire.

  • Sans compter que la tour de 18 étages projetée sera construite dans un quartier où les problèmes de circulation et de stationnement sont déjà légion, et aura automatiquement pour conséquence, au vu des 226 logements projetés, et quand bien même un parking souterrain serait prévu (au nombre de places d’ailleurs insuffisant), d’accroître les difficultés de circulation et de stationnement déjà existantes.
  • Il est par ailleurs à noter que les travaux (qui impliquent l’excavation de terres en partie polluées, la circulation de poids lourds, et de nombreuses nuisances sonores) vont durer environ 3 ans, générant de nombreuses difficultés pour les résidents, et plus encore pour les enfants du groupe scolaire Aulagnier, situé juste à côté.
  • En outre, aucun logement social ne semble prévu dans ce projet immobilier pourtant important…

Une opération immobilière à plus de 16 millions d’euros pour la mairie.

En laissant réaliser cette opération immobilière très contestable, la mairie a « empoché 16,5 M€ en vendant le terrain au promoteur », selon Le Parisien (en réalité, il s’agirait plutôt de 16,2 millions d’euros).

Ce projet constitue donc bien une opération financière pour la mairie, qui vend ainsi le terrain de la ville pour une coquette somme à un promoteur immobilier, sans contrôle sérieux ou suffisant du projet réalisé.

Nous y voyons, avec plusieurs de mes collègues de l’opposition municipale, une volonté de faire rentrer en priorité de l’argent dans les caisses, au détriment, à de nombreux égards, des intérêts des Asniérois.

Cet argent aurait d’ailleurs au moins pu être consacré pour partie à la réalisation d’investissements nécessaires pour le quartier, et ses habitants, qui ont parfois l’impression d’être délaissés.

Un projet prévoyant un parking souterrain au nombre de places insuffisant, dont l’air vicié sera apparemment rejeté sur … une école.

Le projet réalisé par Ogic immobilier prévoit un parking souterrain de 2 étages, soit un total 237 places.

Ce nombre de places est malheureusement insuffisant pour une tour de 18 étages, qui devrait accueillir à terme environ 500 habitants, et risque d’impacter lourdement la circulation et le stationnement d’un quartier déjà saturé en la matière.

Sans compter que six commerces sont prévus au pied de la tour, sans aucune place prévue pour accueillir les clients qui y viendront. La situation risque à terme de devenir impossible pour les habitants du quartier.

Surtout, à l’heure où l’on parle de lutte contre la pollution, la mairie laisse un promoteur réaliser une opération immobilière avec un parking souterrain, dont l’air vicié sera rejeté sur une école.

En effet, comme tous les parkings, celui-ci comportera un système de ventilation de l’air vicié, notamment des gaz d’échappement des nombreux véhicules qui devraient l’emprunter.

Comme tous les parkings, il faut bien, a minima, une sortie d’aération de cet air vicié.

Le législateur, conscient du caractère nocif des sorties d’aération des gaz d’échappement des parkings souterrains, a imposé que celles-ci soient situées à plus de huit mètres de toute habitation.

En l’occurrence, le promoteur, Ogic immobilier, sans que cela semble choquer le moins du monde la mairie, a trouvé la parade : si la sortie devrait bien se trouver à au moins huit mètres des habitations environnantes, elle sera située juste face au mur d’une école.

En effet, la sortie prévue donne manifestement directement … sur le mur du groupe scolaire Aulagnier, situé juste à côté de la tour projetée.

Le promoteur immobilier n’a ainsi rien trouvé de mieux que rejeter les gaz d’échappement du parking sur une école, pour éviter de les rejeter sur les habitations, comme l’impose la loi.

En toute responsabilité, on ne peut laisser une sortie de gaz d’échappements donner directement sur le mur d’une école.

On se doute en effet que l’air vicié ne s’arrêtera pas au mur, mais risque fortement de se propager, notamment dans la cour de récréation de nos jeunes Asniérois.

Ce n’est cette fois-ci plus une question financière ou d’urbanisme, mais bien une question de santé publique qui est en cause, et que la mairie d’Asnières semble ignorer par son inaction (ou son action à tout le moins plus que discrète, pour une équipe pourtant habituellement friande de communication, et inefficace jusqu’alors).

J’appelle donc M. Aeschlimann à apporter à tout le moins aux Asniérois du quartier toutes les garanties qu’ils sont en droit d’attendre en matière de santé publique.

Je l’appelle également à travailler plus sérieusement sur ce projet, qui laisse apparaître de nombreuses failles, comme l’adjointe à l’urbanisme, Josiane Fischer, le laisse penser en reconnaissant elle-même, selon les termes rapportés par Le Parisien, que « Le recours peut tout à fait révéler des irrégularités ».

Enfin, je rappelle que l’on ne peut vendre un terrain de notre ville sans se préoccuper sérieusement des conséquences du projet qui y sera réalisé sur la qualité de vie des riverains, ainsi que, potentiellement, sur la santé de nos enfants.

Malgré toutes ces difficultés, la mairie n’a formulé que 3 prescriptions dans le permis de construire relatif à ce projet.

En effet, la mairie n’a formulé que trois prescriptions dans le permis de construire, relatives aux raccordements de façades, aux descentes d’eaux pluviales et à la prise en charge de l’entretien des plantations et jardinières par les copropriétaires.

Un peu mince, quand on voit le nombre de problèmes posés par ce projet…

Un projet immobilier à l’encontre duquel des habitants du quartier viennent de former un recours contentieux.

A l’heure où cet article est rédigé, un article du Parisien confirme que « L’association d’habitants Vivons Grésillons a, comme elle l’avait prévenue, déposé un recours en contentieux ce vendredi contre le projet de tour d’Ogic Immobilier« .

Les habitants semblent notamment pointer un certain nombre de violations du Plan Local d’Urbanisme (PLU) d’Asnières, générées par ce projet.

Nul doute désormais qu’il est donc urgent de faire a minima évoluer ce projet contestable et contesté.

Romain Jehanin
Conseiller municipal d'Asnières-sur-Seine / Conseiller territorial